C'était la reprise hier au camp des Loges. Sans recrue estivale, le PSG a été accueilli par les banderoles de supporteurs impatients. Le club de la capitale tarde à concrétiser sur le marché des transferts. On prend les mêmes et on recommence.
UNE NOUVELLE SAISON a commencé hier pour le PSG. Mais l'ambiance autour du camp des Loges reste la même que l'an dernier. En avril, après la déroute à Caen (3-0), les Parisiens avaient préféré déserter leur lieu d'entraînement qui venait d'être saccagé par des pseudo-supporteurs.
Hier matin, en pénétrant sur le gazon maudit du stade George-Lefèvre, les hommes de Le Guen ont été accueillis par des quolibets et une cinquantaine de membres des Lutèce Falco. Devant une foule de caméras, les supporteurs parisiens, excédés par l'absence de recrues et la hausse très nette des abonnements, ont déployé quatre banderoles dans les gradins : « Une grande équipe à Paris, vous êtes impatients, nous aussi », « 2006-2008, plus jamais ça. Avec notre soutien, faites honneur au blason », « Abonnement exorbitant, vous nous prenez pour des c... » et « Colony : un grand PSG ou dégagez ».
« Luyindula, mets-toi à la pétanque »
En commençant leurs premiers tours de terrain, les visages des 22 joueurs se sont peu à peu crispés. Surtout ceux de Guillaume Hoarau, la seule recrue du club, et d'Albert Baning, Fabrice Pancrate ou Sammy Traoré, de retour de prêt. Surtout que pendant la séance quelques moqueries ont fusé des tribunes : « Pancrate, pars au Qatar » ou « Luyindula, mets-toi à la pétanque ». Une ambiance décalée à laquelle ont échappé Amara Diané et Souza qui ont séché la reprise sans autorisation du club. L'Ivoirien, qui a décidé qu'il ne rejouerait plus à Paris, est prêt à aller au bras de fer (lire ci-desous). Le Brésilien n'est arrivé à Paris qu'hier en fin d'après-midi. « J'ai eu des problèmes pour trouver un vol, raconte-t-il. Mais j'ai appelé l'entraîneur pour lui expliquer la raison de mon retard. » Pas de chance.
Difficile de demander aux joueurs leur sentiment sur cette reprise. Avec l'arrivée aux commandes du club de Charles Villeneuve, homme de communication, une nouvelle méthode a débarqué. Celle de la bulle médiatique utilisée sans discernement et avec le succès que l'on sait par Raymond Domenech lors de l'Euro. Il est interdit de saluer les joueurs sur le parking et même de les interviewer par téléphone. La tension palpable tout au long de cette reprise n'a disparu qu'au moment où Grégory Bourillon est sorti des vestiaires. A cet instant, les supporteurs encore présents ont entonné un « joyeux anniversaire » à l'intention de l'ex-Rennais qui fête aujourd'hui ses 24 ans.